Syrie : la Turquie continue de bombarder les Kurdes de l’YGP

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Erdogan a lancé l’opération « Rameau d’olivier » le 20 janvier dernier. Une offensive qui consiste à envahir le canton d’Afrin pour exterminer les Kurdes du YGP (Unité de protection du peuple), alliés de la coalition internationale dans la lutte contre Daesh. Pour le moment, seuls les USA viennent en aide aux populations kurdes de Syrie.

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« En attaquant Afrin, Erdogan viole le droit international et fait aux Kurdes ce qu’a fait Bachar Al Assad en Syrie aux rebelles ! », s’exclame Joël Dutto, 66 ans, coordinateur de la Coordination Nationale Solidarité Kurdistan (CNSK). Dans un climat d’hystérie nationaliste, la Turquie et ses alliés au sein des rebelles syriens lançaient l’opération « Rameau d’olivier » dirigée contre le YGP, le 20 janvier dernier.

Cette organisation kurde est considérée par Ankara comme une émanation terroriste du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), mais demeure également un allié de choix des États-Unis dans la lutte contre le groupe djihadiste État Islamique (EI). Selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) pas moins de 141 civils ont été tués depuis le début de cette opération.

« Il y a deux poids deux mesures ! Personne ne l’ouvre parce qu’il y a trop d’enjeux politiques et économiques qui passent avant les droits de l’Homme », s’insurge le retraité de 66 ans. « Grâce aux 20 associations ou organisations membres de la CNSK, on aide encore les kurdes aujourd’hui en menant la bataille politique, puis en faisant ce que l’on peut pour leur venir en aide dans ce climat de guerre ».

Un djihad antikurde

Les pays occidentaux n’en n’ont-ils peut-être pas pris conscience, mais l’invasion turque du canton kurde syrien d’Afrin est qualifiée de « djihad », ou guerre sainte, par la Diyanet, plus haute autorité religieuse du pays.

Le journal turc Cumhuriyet assurait même une coopération entre l’armée turque et les djihadistes de Daesh dans un article du le 23 février 2016. « Le rapport Cumhuriyet affirme que les transcriptions des conversations entre des soldats turcs non identifiés et le terroriste de l’État Islamique Mustafa Demir (…) pour assurer le passage des terroristes à travers la frontière ».Cumhuriyet fait partie des médias journalistiques les plus persécuté en Turquie.

Si les pays occidentaux se sont préoccupés de Daesh qui accomplissait un djihad, pourquoi ne s’intéressent-ils pas à celui qu’est en train de mener Erdogan ?

« Peut-être pouvons-nous dire qu’ils (les pays occidentaux) ont peur du char de réfugiés d’Erdogan, mais quoi qu’il en soit, des civils kurdes sont morts à Afrin. J’attends toujours une réponse des pays occidentaux », s’impatiente Yetis Paycu, journaliste kurde, réfugié politique en France depuis un an. « L’Europe détruit ses critères éthiques, démocratiques et humanitaire. Ils perdent les valeurs et cette histoire fait de l’Europe ce qu’elle est aujourd’hui » constate-il amèrement.

À ce jour, les États-Unis est le seul pays allié du YGP dans la lutte contre l’EI à fournir une aide matérielle aux Kurdes de Syrie.

La France s’est contentée d’appeler la Turquie à « agir avec retenue » en Syrie, même si Paris « comprend » Ankara.

Arnaud Delayre

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