Nus et protégés

Photographie prise par Nina Parisi

« Et si on posait nu ? Et si on regardait nos corps sans complexes et sans tabous ? » Choof est allé derrière l’objectif de Nina Parisi, photographe talentueuse et engagée dans la lutte contre le cancer du sein.

En 2012 Estée Lauder France crée le concours Estée Lauder Pink Ribbon Photo Award. Le groupe de cosmétique a tenu à rendre hommage à Mrs Evelyn H. Lauder, la fondatrice de la marque Estée Lauder et du célèbre Ruban Rose qui fêtait ses 20 ans cette année-là. Cet événement cherche à mobiliser et à sensibiliser le grand public au dépistage précoce du cancer du sein qui a lieu chaque année au mois d’octobre. Il s’inscrit dans la tradition du courant de la photographie humaniste « le geste photographique et le lien solidaire indéfectible entre modèles et photographes représente un engagement humain profond ». Ouvert à tous les photographes, il leur permet de mettre en lumière des histoires de vies, d’amour, d’amitié ou de réflexions sur la maladie autour d’anonymes. Et contribue à lever certains tabous sur ce que vivent nombre de femmes et d’hommes, touchés de près ou de loin par la maladie.

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Depuis 2016, la chaîne de télé Téva, dédiée aux femmes, a rejoint le concours. Afin de célébrer les 20 ans du groupe, Téva est devenue partenaire du Estée Lauder Pink Ribbon Photo Award. La chaine organise du 1er au 15 octobre, via un site internet secondaire, le Prix du Public Téva. Nous avons rencontré à cette occasion, la talentueuse Nina Parisi, participante et finaliste 2020 du Prix du public Téva. Elle nous raconte sa passion pour la photographie, son besoin de libérer les tabous autour des corps nus et son envie de sensibiliser un large public au dépistage du cancer du sein.

Nina tu fais partie des finalistes du Prix du Public Téva à l’occasion du concours Estée Lauder Pink Ribbon Photo Award 2020. Parles nous de toi…

Nina: J’aime l’odeur de la pluie, le silence dehors quand il est encore trop tôt. Il me semble important de dire aussi, quand je suis heureuse, je bouge mes pieds. Sinon je suis une obsessionnelle, il m’arrive de dessiner des jours, d’écrire des heures durant, d’imaginer des images et trouver le moyen (par tous les moyens) de réaliser ce que j’ai en tête. Cela doit être fatiguant parfois d’être à mes côtés. Je suis heureuse quand je réunis des gens pour un moment de bonheur. Pour un projet artistique ou pour un simple moment d’échange, autour d’un verre de rouge (bien tanique de préférence).

Quel est ton parcours ?

Nina: Au départ je suis un peu allée là où on voulait bien de moi. À l’école et au collège, cela a été le plus « classique », je me suis ensuite retrouvée dans une seconde STG, parce que pas assez douée en maths pour intégrer le cursus ST2S. Une fois le bac en poche, je suis partie en fac de psychologie. Une super année, qui a finalement confirmé qu’une licence en art du spectacle me plairait véritablement. En 2ème année de licence, j’ai intégré un studio de photographie, où le dirigeant m’a pris sous son aile et mis à disposition un lieu de travail et d’apprentissage extraordinaire. ce moment là, je n’ai plus lâché mon appareil photo.

Comment es-tu venue à la photographie ?

Nina: Je fais de la photo depuis que j’ai 12 ans. Mais je dirais que la photo a pris une réelle importance à mes 15 ans. J’organisais des séances photos dans ma chambre avec mes copines, avec de la peinture, des bâches et du papier déchiré. Et puis, j’adore me plonger dans les albums de famille. Je cherche à toucher les souvenirs, les perceptions de ce moment souvent oublié. Au début, j’ai commencé par des autoportraits, cela me permettait de comprendre ce que je ressentais, et de donner une autre dimension à mes émotions.


Pourquoi as-tu eu envie de devenir photographe professionnelle ?

Nina: Le besoin d’échange, de bienveillance, de rencontre entre mon univers et celui du spectateur, trouver ce que l’autre vient chercher dans la photographie.

Qu’est-ce qui t’animes dans ce que tu fais?

Nina: J’aime tenter de raconter, donner du mouvement au figé, jouer en créant des faux souvenirs. Surtout, faire de la poésie.

Aujourd’hui avec les réseaux sociaux on constate une véritable obsession autour de la photographie parfaite, quitte à ce qu’elle n’ait plus rien de naturel. Comment fais-tu, au milieu de tout cela, pour garder ton authenticité ?

Nina: Je crois que je cherche à montrer comme l’humain peut être sublime, complexe et terrible. Parfois, je tombe dans le désir d’une certaine perfection. Puis je me rappelle rapidement que la fragilité est la plus belle des choses. Alors j’essaie de ne pas mentir. Montrer ce petit quelque chose qui n’est pas une imperfection, mais qui fait que parfois nous percevons chez l’autre de la poésie. Je cherche le détail déstabilisant, mais c’est un fragile équilibre.

Quels sont tes thèmes de prédilection?

Nina: Je dirais peut-être le rêve, la sexualité. L’ambivalence des choses qui nous entourent.

Comment tu te sens derrière ton appareil ? Tu y passes du temps ?

Nina: Cela dépend. Je me sens chargée d’une mission. Parfois, je me sens protégée. C’est  » bête » mais je me sens simplement bien et curieuse de savoir ce qu’il va se passer. J’y passe énormément de temps et d’énergie. J’aime ça.

Que représente la nudité dans tes photographies, quand on sait tout le tabou qu’il peut y avoir autour de l’imperfection, ou de la sexualisation du corps nu aujourd’hui ?

Nina: Je ne m’impose aucun tabou, ni censure mes pensées. Le corps sur mes images est souvent nu, sensible, sensuel, fort, poétique, érotique. Il apparaît dans toute sa beauté. Dans toute son imperfection et c’est bien cela qui le rend puissant et sublime.

Sur la photo que tu as choisi pour le concours on peut voir des femmes seins nus. Qu’est-ce-que cela représente pour toi?

Nina: Le nu occupe une place importante dans mes travaux. Quand jeune (mais je ne suis pas vieille) je posais nue, j’avais beaucoup de remarques désobligeantes sur l’image que je renvoyais: « hyper sexualisée. » C’était très frustrant pour moi, car je voulais exprimer quelque chose de plus profond, plus viscéral.

Je réponds à toutes les interrogations, je n’impose rien, je propose et toujours, le modèle vit cette séance comme un moment de liberté.

Comment tu diriges tes modèles lors d’un shooting dénudé ? Est-ce que c’est la même chose qu’un shooting habillé ?

Nina: Je veux partager mon expérience autour de la nudité avec mes modèles. Leur montrer que l’on peut poser nu et avoir un regard « bienveillant » sur soi, se sentir magnifiquement vulnérable. Souvent les personnes que je photographie nues, ont un peu d’appréhension, ce qui est normal. Je réponds à toutes les interrogations, je n’impose rien, je propose et toujours, le modèle vit cette séance comme un moment de liberté. Derrière la photo finale que le spectateur découvre et qui paraît très claire, il y a tout une complexité. Il ne s’agit pas juste d’un modèle posant pour un photographe.

Quel message essayes-tu de passer à travers tes photos de nu ?

Nina: Le nu créé un ensemble. Aucune marque identitaire hormis celle de l’unité.

J’ai vu des amies se battre, des amies de ma mère s’en aller, des mères d’amies s’en aller, des amies avoir peur

Nina
Comment tu as découvert le concours Estée Lauder ? Pourquoi tu as eu envie d’y participer ?

Nina: Je l’ai découvert par hasard en 2016 dans un magazine il me semble. J’avais envie de participerpour donner du courage et rassurer mes amies, ma famille, et tous les autres. Nous sommes là.

Comment se sont passées tes précédentes participations ?

Nina: J’avais participé à l’édition 2016 sur le thème « s’aimer. » J’avais réuni quatre artistes autour de mon projet: trois femmes et un homme. C’était un dialogue extrêmement beau. Il m’a apporté beaucoup d’amour. J’espère qu’il en a apporté à moi, autant qu’aux femmes qui sont venues partager cemoment avec moi. Tant de bienveillance et de force se dégage de ce groupe de femmes.

Quel est le thème de cette année ? Qu’est-ce qu’il t’a inspiré ?

Nina: Cette année le thème 2020 est « résilience ». C’est un mot porteur d’espoir et de puissance extraordinaire. Le cancer du sein est une maladie qui touche beaucoup de femmes, et d’hommes aussi. Une femme sur neuf développera dans sa vie un cancer du sein. J’ai vu des amies se battre, des amies de ma mère s’en aller, des mères d’amies s’en aller, des amies avoir peur. Il faut sensibiliser, il faut donner du courage, il faut s’unir.

Tu as un petit mot à adresser à nos lectrices, lecteurs ?

Nina: Apprenons à nous palper les seins, allons-nous faire dépister, profitons et nourrissons nous des moments de bonheur.

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