Camille. F: femme et sergent-chef

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Le 8 mars dernier, la ministre des armées Florence Parly annonçait le lancement d’un « plan mixité » visant à encourager l’augmentation du nombre de femmes militaires. La France se targue de posséder l’une des armées les plus féminisées du monde. Pourtant, l’armée de l’air française ne compte actuellement  que 23% de femmes engagées.  L’une d’entre elles a accepté de se livrer.

Nous ne sommes pas à la traque de nos propres citoyens et de leurs valeurs», a-t-il ajouté, avant de poursuivre: «la france est présente pour le respecter. Site de rencontre quadraire a l'école normale supérieure du bâtiment, à Penicuik l'entrée de l'immeuble. C'est cette prédisposition aux errements, ce qui est le vrai, ce qui ne veut ni l'être ni l'avoir, qui est l'inverse de tout ce que nous croyons vrai.

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CHOOF : Peux-tu te présenter en quelques phrases ?

Je suis Camille F*, j’ai bientôt 32 ans . Je suis sergent-chef dans l’armée de l’air, militaire de carrière engagée depuis 10 ans. J’ai effectué plusieurs opérations à l’extérieur, notamment en Afghanistan pendant 6 mois. Mes fonctions professionnelles sont essentiellement administratives.

Etre une femme en 2019, qu’est-ce que cela représente pour toi ?

Je pense que c’est une grande chance. De nos jours, il me semble que rien n’est impossible pour une femme. Beaucoup de portes nous sont désormais ouvertes et même si les combats sont parfois plus compliqués que pour un homme, rien ne me semble inaccessible.

Et une femme dans l’armée, est-ce plutôt un avantage ou un inconvénient ?

Être une femme dans l’armée ça n’est pas un avantage mais je ne peux pas dire non plus que ça représente un handicap. Je ne me suis jamais sentie pénalisée en tant que femme, même en étant sous-officier. Je pense que cela découle de mon comportement en général et de ma personnalité, tout simplement en tant qu’individu. Mais  je ne peux pas faire de mon cas une généralité. Si je n’ai jamais eu de soucis, ça n’est pas le cas de toutes mes collègues. Mais je pense que la réelle différence est dans l’attitude arborée au départ. A partir du moment où tu te respectes toi-même en tant qu’individu et que tu considères que tu mérites et que tu dois être respectée et considérée comme n’importe qui, il ne peut rien t’arriver. Mais comme tous les êtres humains, montrer un signe de faiblesse c’est d’une certaine manière, donner les moyens à des personnes malveillantes de pouvoir en tirer profit. Je n’ai pas acquis cette façon de penser en m’engageant dans l’armée, ça a toujours été ma façon d’être. Je n’ai jamais autorisé personne à pouvoir utiliser le fait que je sois une femme contre moi. Et je suis convaincue que cela est perceptible, ici comme ailleurs, aux premiers abords.

Tu dis que ce n’est pas forcément le cas de tes collègues féminines, peux-tu nous en dire plus?

Même si cela peut choquer, je suis la première à m’insurger contre des comportements de certaines femmes dans l’armée de l’air qui elles, s’inscrivent volontairement dans la caricature contre laquelle je me bats. Parfois ça me rend dingue. Depuis le début de ma carrière, je me bats pour n’être considérée ni comme faible ou fragile ni comme inférieure. J’ai exactement le même respect, les mêmes obligations et la même position que tous mes collègues masculins. Personne ne m’a jamais fait ressentir l’inverse. Mais c’est parce que c’est quelque chose que j’impose d’entrée de jeu. Donc quand j’ai des collègues féminines qui, pendant les heures de boulot, vont se vernir les ongles ou arrivent très maquillées lors des rassemblements, oui, ça me révolte. Un jour, une collègue a refusé de porter le couvre-chef qui était de rigueur pour ne pas abîmer son chignon. Dans de telles situations,forcément, elles sont dé-crédibilisées. Et au passage, elles donnent  une mauvaise image des autres collègues femmes. Elles affichent leur féminité avant leur compétence et c’est une énorme erreur. Moi ce n’est pas ce que je veux et ce n’est pas ce que je montre.  Je pense que si une femme veut être respectée, en tous cas dans le milieu majoritairement masculin de l’armée, il y a une grande part de savoir-être et d’attitude affichée dès le début. On a d’ailleurs un proverbe qui illustre bien mes propos : « Il n’y a ni hommes ni femmes dans l’armée, il n’y a que des soldats. »

« Ni hommes ni femmes dans l’armée, que des soldats. » 

Tu penses donc que c’est aux femmes d’être actrices de leur propre crédibilité ?

Je pense que quand tu as choisi d’intégrer les forces militaires de ce pays, où l’immense majorité des équipes sont masculines, tu sais où tu mets les pieds et à quoi tu dois t’attendre. Tu te dois de savoir les erreurs à ne pas commettre. Dans le civil, je suis une femme très coquette, très apprêtée. Je porte des jupes, des talons et j’adore ça. Mais lorsque je suis dans mon milieu professionnel, au milieu de troupes quasi-exclusivement masculines, je ne leur laisse absolument aucune chance de pouvoir s’abaisser à des réflexions qui seraient mal venues. 

Tu as fait le choix personnel de renoncer à une vie familiale et maritale. Comment vis-tu ce choix de vie ?

Mon choix de ne pas avoir d’enfant et de ne pas m’engager dans une relation de couple n’a rien à voir avec ma carrière de militaire. Hôtesse de caisse à Castorama j’aurais fait le même choix.  Je n’ai jamais voulu d’enfant et je suis malheureuse en couple. Mon métier n’a rien à voir avec ça. Je l’assume très bien. Aujourd’hui je mène une carrière qui me passionne, je suis propriétaire, et j’ai un chat. Et j’aime ma vie comme ça ! Le plus compliqué finalement c’est la famille, et son regard sur mes choix de vie. Par exemple, je viens de perdre mon grand père et ma grand-mère se désole que je n’ai pas eu le temps de lui présenter un fiancé et des arrière-petits-enfants. Difficile d’expliquer à cette génération mon point de vue qui les dépasse. Difficile de lui dire que quand elle aussi partira elle n’aura pas rencontré de fiancé ou d’arrière-petits-enfants. Ça leur fait de la peine alors que c’est un choix, pas une punition que je m’inflige. C’est une fierté pour moi de m’être construite seule, je me connais et m’accepte à merveille et  je n’en suis que mieux dans mes baskets !

 

Pour toi, le féminisme, qu’est-ce que c’est ?

Le féminisme pour moi c’est se battre pour s’imposer en tant que femme. C’est, quelque part, casser l’image toute faite que peuvent avoir les hommes où les rôles que l’on voudrait nous imposer. Et ce combat-là est légitime et nécessaire. Mais il y a un revers de la médaille je pense.

« A force de prôner le féminisme, le risque est de creuser un fossé entre les femmes et les hommes. »

En voulant l’égalité, on finit parfois par creuser les inégalités. A force de prôner le féminisme, le risque est de creuser un fossé entre les femmes et les hommes.Bien des combats féministes sont nécessaires mais à force d’être sur tous les fronts, on se présente soi-même, en tant que femme, comme victime et vulnérable. Alors que c’est une erreur. Nulle femme ne devrait être perçue comme plus faible. Beaucoup de combats ont été gagnés, on doit avancer et ne plus être dans la lutte permanente mais dans l’avancée avec les hommes et ne pas marquer l’opposition des genres. Bien sûr, quand il s’agit par exemple d’égalité des droits, notamment des salaires, il est indiscutable que la lute est légitime. Mais je suis partisane d’une lutte pour le respect de chacun, qu’il soit homme ou femme. Je me considérerais plutôt comme humaniste que comme féministe.

 

Egalité hommes-femmes : objectif ou utopie ?

L’égalité homme-femme, à tous les niveaux, j’espère de tout cœur que ce n’est pas qu’une utopie. Il y a eu tellement d’avancées ces dernières années… Malgré tout, je crois réellement que de nombreux grands progrès dans ce domaine là sont encore possibles. Il faut que les femmes prennent confiance en elles, de toute leur force, et avancent malgré tout, comme on l’a toujours fait à travers l’Histoire.

*Par souci professionnel de confidentialité, ce témoin a tenu à rester anonyme.

Clémence BOEUF

 

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